L’Australie est un pays-continent, grand comme les Etats-Unis (hors Alaska), mais peuplé comme la ville de Shanghai. Ces caractéristiques singulières ont un impact conséquent sur le développement du pays et ont forgé ses spécificités. Pour s’en rendre compte, une version moderne et populaire[1] « Straya » de l’hymne national  « Advance Australia Fair »  tente de résumer :

My country don’t share no borders

‘Cos of all the waters that surround our land
Thank god for our resources
‘Cos they are the sources of our wealthy land
Don’t try to find the capital
Or fight the animals
You’re on your own
[…]

(traduction libre)

Mon pays n’partage aucune frontière
car on a tout’ c’te eau qui nous entoure
Merci mon Dieu pour nos ressources
car c’est la source de not’ richesse
Ne cherche pas où est la capitale
Ne te frotte pas au monde animal
Tu es tout seul, débrouille-toi
[…]


Améliorer sa performance industrielle ici, c’est donc ne pas considérer l’Australie comme un autre pays de l’OCDE lorsqu’on y établit sa filiale ou y déploie son groupe industriel (par croissance organique ou acquisition). On retiendra 3 éléments principaux :

En savoir plus sur nos compétences en Australie

Un pays où la croissance a aveuglé l’optimisation

 [2] La croissance de l’Australie s’est, comme on l’a vu poétiquement, bâtie sur ses ressources naturelles (agriculture, pétrole et gaz naturel, minéraux), et a donc été tirée pendant 3 décennies par la montée en puissance de l’industrie chinoise et le développement de sa consommation intérieure. Même la crise de 2008 n’a finalement que peu affecté l’Australie, dont la résilience a trouvé un autre pilier : les services financiers et à la personne.
 [3] Industriellement néanmoins, le pays a globalement commencé à reculer après un pic en 2008, et la plupart des secteurs industriels sont désormais en déclin durable. Mêmes les grands groupes s’y trouvent confrontés, comme Toyota qui a annoncé en Février 2014 l’arrêt de sa production automobile en Australie dès 2017, à la suite d’un « dollar défavorable, de coûts élevés et d’absence d’économie d’échelle »[4] C’est dans cette situation que le dur retour à la réalité et à la performance passe parfois par du « Recovery ». Le fameux mode pompier.  

Jurant, mais un peu tard, que l’on ne les y reprendrait plus, nos clients sollicitent Freelog Australia Pacific pour rétablir en 2 à 4 mois les taux de service, réduire les délais, et reprendre en main leurs entrepôts, lignes de fabrication ou processus de planification.

La logistique décidera

Chacun est conscient du défi de faire de la livraison à J+1 partout dans une France centralisée et « dense ». Maintenant passons à une autre échelle sur l’Australie, ses 5 fuseaux horaires, ses 8 états et autant de capitales (Sydney, Melbourne et Canberra concentrant les sièges sociaux) ! Les consommateurs, quant à eux, utilisent le commerce en ligne comme partout ailleurs (et parfois plus du fait des distances). Et les industriels veulent un taux de service irréprochable, à fortiori dans les secteurs qui « ne dorment jamais » (pétrole et gaz, mines, produits frais). 40% du fret routier se fait sur des B-Double[5] (1 container de 20 et un container de 40 pied), mais le réseau dédié aux « trains routiers » en Australie permet des convois jusqu’à 200 tonnes et 197 mètres de long.

[6]

En tant qu’industriel, les 2 premières questions qu’on vous posera seront : « dans quelles capitales êtes-vous ? Quel prestataire logistique utilisez-vous ?» Terre de contrastes est synonyme de terre de spécialistes. Votre prestataire global ne sera peut-être pas celui qui possède la bonne expertise de douane dans un des ports ou aéroports australiens, il sous-traitera peut-être dans certains états et la réactivité en pâtira, ou encore l’évolution rapide des projets nécessitera l’ouverture ou la fermeture d’une base avancée à des milliers de kilomètres.

En Australie, la logistique représente 8,6% de PIB, un taux finalement similaire à l’Europe. Mais chaque point de productivité en logistique est estimé à 1.2 milliards de dollars australiens en PIB, sur une économie fortement dépendante des imports exports et soumise à une forte compétition internationale sous les coûts. La performance logistique conditionnera votre réussite en Australie.

Fort de son expérience en Europe mais également depuis une dizaine d’année au Brésil, pays aux problématiques de distance similaires, Freelog apporte son expertise aux industriels, 3PL et 4PL sur la définition de plans logistiques (nombre et dimensionnement des centres de distribution, réduction des délais) et participe au Future Living Labs, centre d’innovation et de recherche appliquée, avec le NICTA et le Fraunhofer[7].

Un marché des compétences à appréhender





[8] Croissance rapide, plein emploi, bassins d’emplois très éloignés, contexte historique anglo-saxon « au contrat » … font du marché du travail Australien une anguille rapide qui devient une prise de tête pour beaucoup d’entreprises. Imaginez développer sur le long terme avec des préavis (démission) en moyenne d’une semaine par année passée dans l’entreprise, des délais de 2 à 6 mois pour embaucher des étrangers sur un besoin urgent, et une jeunesse qui privilégie plus que tout autre l’immédiateté, la flexibilité et la réussite personnelle (et non celle de l’entreprise)[9]. Pour chaque salarié, 46% des RH s’attendent à ce qu’il quitte l’entreprise dans l’année à venir, et 52% des salariés cherchent ailleurs pour enrichir leur expérience ou améliorer leur rémunération.

Ile d’immigration, l’Australie, attirante et connue pour son style de vie et ses niveaux de salaire, choisit également sa main d’œuvre qualifiée étrangère via un programme de sélection (Skilled Migration Program). Celui couvre notamment tous les métiers de l’ingénierie et de la production. Néanmoins, les entreprises cherchent souvent des professionnels avec une expérience dans les marchés leaders de leur secteur (Europe, Etats-Unis) pour améliorer l’efficacité et implanter des bonnes pratiques[10]. Ces perles rares sont difficiles à trouver, et à garder !

Ainsi, 11% des entreprises disent vouloir recruter à l’étranger malgré les délais et les coûts, mais 40% vont aussi développer des moyens de retenir leurs talents. Pour cela, 33% des entreprises industrielles estiment qu’elles vont devoir payer plus que les prix du marché et faire croitre les salaires plus vite que l’inflation pour y parvenir[11]. Paradoxalement, la forte culture d’entreprise est perçue comme le principal élément d’attraction et de rétention par les employés. Difficile de construire cette culture avec un tel turnover [12] ! C’est toute la structure des organisations qui doit s’adapter.

Pour Freelog, c’est l’occasion d’appliquer son savoir-faire en formalisation des processus, capitalisation des connaissances, et mettre en place des organisations apprenantes et résilientes. Ainsi un programme phare de développement en franchise des activités de maintenance d’Airbus Helicoptères a-t-il été initié en Australie pour la phase pilote. Avec une idée simple : si cela marche sur ce petit marché complexe, cela marchera dans les 27 filiales du monde !

Si l’on devait retenir 2 axes d’amélioration de performance industrielle durable en Australie, on choisirait sans hésiter:

Considérer sa Supply Chain globale

Recommandation tarte à la crème ? Pas tant que ça quand on sait que Darwin est plus proche de Jakarta que de Sydney, et que pour des raisons de communication et de fuseaux horaires, il vaut mieux parfois gérer les urgences Europe ↔ Australie via un base logistique asiatique sur Singapour ou Hong Kong ! Pays où est souvent situé un second siège Asiatique, l’Australie ne peut se penser qu’en lien avec ses pays d’influence (Nouvelle-Zélande) et ses partenaires commerciaux (Chine, Japon, mais aussi les émergents Asiatiques).

[13]

De par sa couverture de l’Asie avec ses bureaux de Hong-Kong et Sydney et son fonctionnement en réseau (pas de frontière entre pays chez Freelog !), nous aidons les industriels à gérer leur Supply Chain amont et aval avec une vision Asie Pacifique, et une exécution qui prendra en compte les dimensions financières, culturelles et fiscales.

Concevoir une organisation apprenante

Le S&OP de la maison mère s’appellera S&OP ici aussi. Mais, marché lointain où les CEO et VP supply Chain viennent peu, il a évolué différemment, et des notions et pratiques différentes se cachent parfois derrière la même appellation ou procédure ! La performance industrielle en Australie passe par la mise en place réelle des meilleures pratiques du siège, en gardant en tête 2 contraintes : les gens arrivent et partent rapidement, et peu ont une expérience régulière d’échanges ou de formation avec la maison mère.

Tous les consultants Freelog en Asie se certifient avec l’APICS en Supply Chain ou PMI en gestion de projets, sont à la pointe avec des expériences terrain Lean sur plusieurs secteurs d’activité et dans plusieurs pays. Le coaching ou d’enseignement au niveau Master font partie de notre richesse. Ce que nous faisons en interne, nous le faisons pour nos clients via l’écriture des « handbooks » de procédures, la formation rapide et parfois même le recrutement de la perle rare. Autant d’éléments de rétention mais aussi de performance. Surtout si votre responsable entrepôt ou votre coordinateur logistique change 2 fois par an !

En savoir plus sur nos compétences en Australie

  1. [1] https://www.youtube.com/watch?v=rMdbVHPmCW0
  2. [2] Glen Stevens, Governor of the Reserve Bank of Australia, Sept 2014, http://www.rba.gov.au/speeches/2014/sp-gov-030914.html
  3. [3] Australian Industry Report, 2014, http://www.industry.gov.au/industry/Office-of-the-Chief-Economist/Publications/Documents/Australian-Industry-Report.pdf
  4. [4] Max Yasuda, CEO Toyota Australia, http://www.abc.net.au/news/2014-02-10/toyota-to-pull-out-of-australia-sources/5250114
  5. [5] The Economic Significance of the Australian Logistics Industry, Australian Logistics Council, 2014
  6. [6] https://www.bitre.gov.au/publications/2014/files/Freightline_01.pdf
  7. [7] http://www.futurelogisticslivinglab.com.au/, website update in progress
  8. [8] Glen Stevens, Governor of the Reserve Bank of Australia, Sept 2014, http://www.rba.gov.au/speeches/2012/sp-gov-240712.html
  9. [9] http://geert-hofstede.com/australia.html
  10. [10] Michael Page, Salary & Employment forecast 2014/2015, Manufacturing
  11. [11] Ibid.
  12. [12] Ibid.
  13. [13] Australian Industry Report, 2014, http://www.industry.gov.au/industry/Office-of-the-Chief-Economist/Publications/Documents/Australian-Industry-Report.pdf

 

 Thomas est manager au bureau de Sydney. Certifié APICS, il enseigne, en parallèle de son travail pour Freelog, le génie industriel (gestion de production, planification, lean) à l’Institut Sino-Européen d’Ingénierie de l’Aviation depuis plus de 3 ans.